Lundi 25 mai 2009

A nouveau dans le ciel asiatique! Notre carlingue nous rapproche de plus en plus du toit du monde : L'Himalaya.
Nous sympathisons avec Tony, un anglais résidant à Vancouver, qui est designer de résidences pour gens fortunés....
Atterrissage - Visa - A voté!

De Kathmandu à Bhulbhule :

A la sortie de l'aéroport de Kathmandu, la police touristique vient gentillement nous renseigner et tailler la bavette avec nous. Pendant ce temps, une horde de taxi-drivers nous observent comme du gibier...! On décide finalement de se rendre à l'arrêt de bus le plus proche. On marche et les chauffeurs, tour à tour, nous proposent leur service et leurs tarifs du jour. Amusant! Le bus à 10 roupies (10 centimes d'euros) approche. Il est biensûr blindé. On se colle, debout, aux autres passagers impassibles. On se sardinise et Aurélie se fait un ami népalais. Nous arrivons dans le quartier tibétain de Boddanath où les fidèles tournent inlassablement autour du stuppa. Les moulins à prières font la dance des derviches et les tibétains font rouler agilement les perles en bois de Boddhi ou de Rudraksha de leur mala (chapelet). Nous cherchons une guest-house que Sylvain le magicien de  Yangoon nous avait recommandé, en compagnie du jeune népalais rencontré dans le bus. Ce dernier appelle son frère qui rapplique illico pour nous donner un coup de main. Puis des gamins qui passent par là prétendent connaître cet hôtel. On les suit... La bâtisse est en rénovation: Du coup, on fait le tour de ce labyrinthe de ruelles sablonneuses. Deux guest-house plus loin, on se décide et on s'installe à la "Lotus guest-house"....
Ballade dans ce quartier d'un autre temps où l'artisanat tibétain, les étales de fruits et de légumes et les restaurants hétéroclites se succèdent. On teste le thé masala népalais, le thé rance au beurre de yak et les fameux momos, de gros raviolis en forme de croissant de lune, fourrés à la viande de boeuf ou aux légumes et nappés d'une sauce relevée. On goûte aussi aux coupures d'électricité journalières et on se rend vite compte que les bougies népalaises sont peut-être les meilleures du monde!!! Il fait froid ici à 1355 mètres, à comparer avec Bangkok! On va prendre notre petit-déjeuner dans la bruyante rue principale où le show est permanent. On se pose à la terrasse d'un café local où une vieille dame nous sert du tchaï et des gâteaux sucrés. Miam! On découvre également un restaurant où ils préparent d'excellentissimes momos.....le temps passe.....On a rendez-vous avec Dave et Tommy devant la stuppa: retrouvailles pleines d'effusions de joie. On en a mis partout!
On loge tous à la Lotus. Le jour suivant, après un bon petit-dej' tibétain, on part magasiner (expression québècquoise) dans le quartier de Thamel, l'artère pulmonaire de la polluée Kathmandu. Ici, les taxis sont de minuscules Suzuki blanches, nerveuses et criardes. Les chauffeurs ont le compas dans l'oeil, le pied lourd sur la pédale d'accélérateur et l'index sur le klaxon diabolique....Ca y est on est arrivé....vivants! On commence du côté de l'électronique puis du côté de l'équipement outdoor. Les magasins spécialisés dans le matériel de trekking, de qualité "spéciale" se marchent les uns sur les autres. Le lendemain, on renouvelle l'expédition en taxi à Thamel pour achever les achats de randonnée. On zigzague dans la ville à la recherche de Durbar Square. Magnifique! Quel cachet! Encore un pays et un peuple photogéniques. On va boire un canon sur une des nombreuses terrasses qui dominent la place. Santé! Puis on rentre à Boddha en taxi. Demain, Yann, le troisième mousquetaire québècquois débarque de Chine......et qui voilà qui passe le portail de la "Lotus guest-house", notre gaillard. On file une ultime fois dans le centre pour négocier nos permis de trek et on fignolle les préparatifs. On part entre 18 et 21 jours faire le tour des Annapurnas. La lessive est faite, nos gros sacs entreposés dans l'hôtel adjacent à la Lotus, les gars (Tommy en particulier) ont entrés les coordonées du trajet dans le GPS. C'est parti! On s'en va à la station des bus et quels bus!!! Petit déjeuner sur le pouce et en route pour Beshisahar (760m). On se fait enregistrer à l'office des treks et on enchaîne direct avec le bus pour Bhulbhule (840m). On squatte le toit de celui-ci et on fait du rodéo car, à présent, la route est vraiment défoncée. Ce qui n'aide pas Tommy qui a trop mangé de momos la veille. Voilà, c'est le point de départ de la marche. On est content d'être là tous ensemble!

Première partie du trek à cinq:

C'est donc le début d'une succession de splendides paysages séparés par les innombrables vallées de l'Himalaya. Tous les soirs, une étape sera achevée et un nouveau lit nous attendra....
On part donc de 840m en direction de Bahudanda à 1310m. Premiers pas avec nos petits sacs à dos. Ca grimpe et ça descend!
Nous avons choisi d'effectuer le tour sans porteurs (les sherpas) et sans guide, juste entre joyeux lurons francophones....
A Syange (1100m), nous avons droit à la pluie et à l'orage. Heureusement, nous sommes à l'abri! Nous aurons toujours beaucoup de chance avec les ondées qui s'abattent parfois en fin d'après-midi et la nuit. Pour ce qui est de l'eau, nous nous abreuvons aux stations labelisées "Safe drinking water": c'est moins cher que l'eau minérale, filtré et sans risque! Nous mangeons globalement bien partout. Le Dhal Bhat, le plat national quotidien est succulent. Il s'agit d'un plat compartimenté avec du riz blanc, accompagné de légumes relevés, d'une soupe de lentilles et d'une sauce pimentée. On le déguste avec la main droite biensûr. Après Syange, nous filons à Dagat (1300m), Chyamche (1430m) et Sattale (1680m) où nous faisons un break (parmis tant d'autres) pour manger un bout. Le restaurant est plein de militaires qui engloutissent en coeur leur Dhal Bhat. L'un d'entre eux nous demande combien de temps nous allons rester ici, car ils vont faire sauter un petit pan de montagne situé là-bas, de l'autre côté de la rivière....Après le festin, nous suivons notre guide temporaire armé. C'est bon, nous sommes en zone sûre. On attend sagement l'explosion avec les bidas. Image et son en décalé. Waaaah! On poursuit jusqu'à Tal, un bled égaré dans une immense plaine venteuse et déserte où vivent des chevaux sauvages. La vallée rocailleuse et hostile accueille une large rivière "turquoise-glacier". On a la salle de bain dans la chambre! Quel luxe! Et en plus il y a de l'eau chaude. Il faut en profiter, car ça ne va pas durer! C'est tous les jours les montagnes russes et les négociations pour tout!, la nourriture, le couchage, le papier toilette.....D'ailleurs, plus l'altitude est élevée, plus les denrées sont onéreuses. En revanche, les nuités sont moins chères, voire gratuites si on prend nos repas dans la place.
Côté temps, on est gâté même si les nuits restent bien frisquettes. Des villages par-ci par-là... Très archaïque biensûr, même si les panneaux solaires ont fait leur apparition....
Karte (1850m), Dharapani (1860m), Baggarchap (2160m), Domakyul (2300m), Timang (2270m), Tchanchok, Koto (2600m), Chame (2670m), Bhratang (2850m), Dhikur Pokhari (3000m), Pisang (3200m), Humde (3280m) et Manang cette belle petite ville perchée à 3540 mètres avec ses maisons basses en pierres aux toits-terrasses. Et une fantastique vue sur le lac et le majestueux glacier Gangapurna. On  passe deux nuits ici,  paisibles, hors du temps, coincés entre les cîmes des Annapurnas voilés de leurs neiges éternelles, à la Gangapurna Guest-house. Le 2ème jour, on fait une marche d'acclimatation jusqu'à 4200m. Une fois là-haut, on pratique la contemplation mystique de St Thomas d'Aquin et on ramasse un peu de bois mort pour le feu du soir. La douche est froide mais le poêle de la salle à manger chauffe du tonnerre de Dieu. Hallelujah! On mange et on joue aux cartes (belote, golf, tours de magie de Dave, le Garcimore québecquois) - Dodo- Ptit dej - les sacs sont paquetés....direction Yak Karta (4018m) où nous ferons une pause dans un restaurant solarium très cosy. On fait osciller les moulins à prières du village (il y en a un à l'entrée et un à la sortie de chaques bourgades) et on monte calmement. On croise souvent des sherpas surhumains, des troupeaux d'ânes, quelques yaks apeurés et des aigles majestueux. On compte dormir à Ledar (4200m). Manque de pot tout est complet et, en prime, on tombe sur le propriétaire népalais le plus con de la vallée qui nous envoie littéralement paître. Du coup, on décide de poursuivre la grimpette jusqu'à Thorong Pedi (4450m), ce qui veut dire deux heures de marche en plus. Dur dur!!! Les premiers symptômes du mal de l'altitude font surface. Yann qui courait comme un cabri dans les côtes a mal à la caboche et Tommy qui se sent moyen depuis quelques jours file directement au pieux!
En tout cas, on a le poêle pour nous tout seul. Youpi! Le lendemain, on se la coule douce dans le solarium. Le décor est froid, l'air vif....On descend se promener jusqu'à la rivière en contrebas, à l'exception de Tommy qui pionce. Le soir, on enchaîne les parties de cartes.... Dave manque de se faire cramer par un retour de flamme provoqué par un népalais étourdi et un peu ignorant qui avait vidé, avant d'allumer le feu, une bonne partie de la bouteille d'alcool à brûler. Woufff!!! Plus de peur que de mal! Le matin du 3ème jour, Tommy se porte guère mieux. Aurélie et moi allons jusqu'au camp de base situé à 4925m. pour s'acclimater. On boit un thé et on redescend. Puis, plus tard, dans le solarium, on rencontre Daniel, un parisien de 61 ans, du genre original et sympa, ainsi que Béa et Martial de Dijon qui sont accompagnés de leur guide népalais, Suraj. Très bon feeling. La journée passe.....On se demande quelle option Tommy va choisir : monter, descendre, à pied, à cheval??? Finalement, il nous annonce qu'il veut retourner à Kathmandu en hélicoptère. Il se sent vraiment trop faible. Heureusement Suraj, le guide, parle très bien français. Les gars et lui règle le problème à l'aide d'un cellulaire qui coûte la peau des fesses.
Le lendemain matin, nous quittons Tommy et Yannick qui l'accompagne. L'hélico viendra les cueillir à 7h30 (il arrivera en fait à 13h!). Une fois à Kathmandu, Tommy va bien ce qui nous rassure...

Seconde partie du trek à trois :

Nous voici donc tous les trois dans la caillasse millénaire et le silence absolu. Il fait bon et le ciel est d'un bleu azur éclatant. Quelle chance! Nous faisons une halte tchaï au camp de base de la veille, puis nous reprenons doucement...
L'air manque gentillement et les paysages nous coupent le souffle. En face de nous, petites fourmis spectatrices, les glaciers aux mille reflets scintillants captivent nos yeux émerveillés. Le décor change. On débarque sur la lune avec ses immenses étendues arrondies et sablonneuses où la végétation est inexistante. On en voit pas le bout, il y a toujours une nouvelle bute qui remplace la précédente....Lili avance lentement mais sûrement avec son sac copie North face déjà tout déchiré. Un pas à la fois...nous y voilà!!! La pass de Thorong La (5416m) nous accueille à col ouvert! Cependant, le froid s'est installé, le vent aussi et la vue sur la vallée est bouchée. Tant pis, c'est déjà merveilleux! On se les gèle, alors on boit un thé hors de prix (pour le Népal!), on prend deux photos de l'ascension victorieuse comme des speedés et on se jette dans la pente comme des dératés. On court à toute berzingue. On sait qu'on va le payer (1656m de dénivelé!) mais c'est pas grave...On arrive à Muktinah (3760m), la porte du Mustang et on élit domicile à la Mona Lisa guest-house, en compagnie de Béa, Martial et Suraj.
Sympa ce bled! La civilisation réapparait peu à peu: 2 voitures et demi en un quart d'heure!
On prend une bonne douche chaude, la première depuis bien longtemps, Aurélie soigne ses ampoules et on va manger tous ensemble. Cool! En plus, les tenanciers ont allumés des genre de mini-barbecues sous les tables couvertes de longues nappes, ce qui fait qu'on a les pieds et les jambes bien au chaud. Encore une bonne soirée! Allez réveil, petit dej. C'est parti! Passage à un des check-points jonchant le parcours et on marche encore et encore. A la sortie de Jharkot (3550m), on s'arrête regarder des jeunes qui s'entrainent au tir à l'arc car ils ont une compétition prochainement. Dave, qui tire lui aussi, montre de quoi il est capable. Puis, des Saddhus approchent et nous saluent. Il s'assied au bord du chemin avec nous. On boit, on mange, on tire sur leur shilom.Il nous parle de Shiva (l'une des 7 divinités principales du panthéon hindou) le Dieu de la destruction ayant  pour but la création d'un monde nouveau et qui a un petit faible pour les cigarettes qui font rire....Un des Saddhus nous "bénit" en nous apposant une marque de cendre au niveau du 3ème oeil et en nous offrant une graine de Rudracha à chacun qui symbolise que tout a une utilité. Quel moment! On poursuit la descente incessante dans la vallée du vent de la mort qui tue!!! Après le col de Thorong, nous allons pénétrer dans les gorges les plus profondes de la planète Terre. Ouahhh! Les bourrasques de poussière sont vraiment infernales. On entre dans la ville de Jomson (2720m) exténués et saoulés par le vent. Le Xanadu Motel sera notre refuge, là où la fille du patron, une gamine de 7 ans, nous amuse: un vrai bout de femme responsable, pleine de vie et sans gêne. Un phénomène! Après une bonne nuit de sommeil, petit tour à la banque puis sur internet qui ne marche pas et on repart... De vallées en vallées surdimensionnées.....Voilà Marpha (2670m). Un village authentique et sans âge, réputé pour ses fruits (pommes, abricots...) et ses eaux de vie parfumées!
Il est tôt mais on décide de rester. La Snow Leopard guest house nous accueille. On a une chambre avec vue panoramique à 280°c et un balcon immense. Que demander de plus?.... On flâne dans le bourg. Les vieilles mamies nous sourient et les commerçants aussi. On achète du brandy et du jus de pomme local. Une bonne moitié d'un plat de crumble, et 300gr. de fromage de yak. Un régal! Pour résumer, on reprend des forces, on se repose et on fouine chez les marchands de souvenirs. Le jour d'après, le temps se gâte légèrement....On s'arrête alors à Ghasa (2010m) mais pas sur la bande, ah ah ah!!!!... à la Paradise guest-house où l'on partage notre repas avec un jeune couple de hollandais, une canadienne et son guide népalais. Le lendemain, on atteind enfin ces fameuses gorges et le village de Tatopani (1190m) où l'on doit retrouver Yann. On y passe une nuit et on attend notre acolyte qui ne viendra pas!
En plus il n'y a pas d'accès à internet et donc pas de moyen de communication! Mais cela ne nous empêche pas d'aller faire trempette dans les sources d'eaux chaudes. Bon c'est pas le tout mais il faut poursuivre jusqu'à Gorepani. On décolle un peu tard et les côtes sont fatiguantes. Aurélie a compté plus de 10.000 marches de roches....En début d'après-midi, la pluie vient nous bénir, puis elle nous harcèle. On se pose donc au New Annapurna View Lodge de Chitré (2390m) pour se sécher et s'affaler devant le poêle. La soirée se passe en compagnie des gentils propriétaires et de deux sherpas curieux. Au petit matin, le ciel est dégagé: l'Annapurna Sud et le Dhaulagiri nous toisent! Encore une vue époustouflante! Gorepani (2860m) nous voici....cette fois-ci, on s'installe au "Super View Annapurna" où la vue est superbe, la chambre très agréable et gratuite et, de plus,le poêle est constamment allumé: Une guest-house soignée. On essaie le cyber-café du coin: résultat peu concluant! Le lendemain, on se lève tôt pour grimper au sommet du Mont Poon ("Poon Hill") et apprécier le paysage. Malheureusement, le ciel est trop nuageux et on ne verra rien! Tant pis! A la place, on prend un petit déjeuner et on entame cette dernière journée de trek de bonne humeur.
5minutes de marche et Aurélie se foule le pied gauche. Oh non, pas maintenant!...On dégôte un baton de randonnée et ma poupée reprend à marcher avec son pied nickelé! Quelle est courageuse ma chérie! Aujourd'hui, c'est descente tout le long. Les genoux et les cuisses sont stimulés. La pluie revient nous arroser et on entre dans Birethanti (1025m) trempés.

De Birethanti à Kathmandu, en passant par Pokhara :

Un chauffeur de taxi nous accoste. On négocie la course en 2/2 à 1000 roupies pour se rendre à Pokhara (820m) et c'est parti mon kiki! La route est boueuse, sinueuse, atomisée. 10 minutes avant d'arriver, on change de taxi: un premier véhicule pour le 4*4 et un second pour la route "normale". 1h33 plus tard, notre chauffeur nous dépose devant un distributeur dans le quartier de Lakeside, c'est à dire au bord du lac de Pokhara (l'Annecy népalais). Nous louons une chambre triple à la Vimal's guest-house et nous retrouvons le père Yannick. Il nous apprend alors que Tommy est rentré au Québec car il n'était plus assuré et a dû couvrir les frais d'héliportage et d'hôpital. Pauvre Tommy!
Nous ne sommes pas très actifs à Pokhara. Mais il faut dire que le cadre se prête à la détente et que nous avons crapahuté pendant 19 jours. De plus, Aurélie ne peu guère forcer sur son pied. Du coup, nous flânons, faisons du pédalo, regardons quelques films (dont Layer Cake). On beurdine dans la salle télé privée d'un restaurant.
Voilà on quitte Pokhara en bus. Changement de roue en cours de route. Namasté Kathmandu! On file directement à Boddanath récupérer nos sacs. La lotus guest-house et toutes celles du coin affichent toutes complet. On se rabbat donc sur la Cyber guest-house à côté du restaurant typiquement tibétain, le Double Dodje. On essaie la bière chaude des sherpas (tongba ou tumba), mais alors juste une gorgée! Le jour d'après, on déambule lymphatiquement dans les ruelles du quartier, les narines enflées par les effluves d'encens. Puis on assiste à une scène de vol comique: un gars chaparde un objet quelconque à un des commerçants. La vendeuse le voit et lui met un bon coup de poing dans le dos. Le bougre qui réagit à peine continue de marcher. La vendeuse  immobile et un peu amusée l'observe partir tel une tortue à 3 pattes.... Puis 2 flics matraqués mais décontractés arrivent tranquillement. La vendeuse leur raconte ce qui vient de se passer....5 minutes plus tard, l'homme qui avait tranquillement continué son chemin se retrouve aux bras des policiers qui le relachent dans la rue principale. Ils ne sont pas énervés les gens ici!
Ce soir c'est les adieux! Nos amis partent en Chine demain matin. Vive le Gin-Sprite avec des tranches de lime et des lamelles de concombre. On profite des derniers instants ensemble et dodo! 
Ca y'est, ils sont partis. Snif! On quitte Boddha pour Thamel car notre bus pour Chitwan part de là-bas relativement tôt demain matin. On s'apprête à monter dans un taxi quand un homme tombe à quelques mètres de nous, par terre. Il est secoué de spasmes: Une crise d'épilepsie! Ca nous chamboule un peu...
Bref, à part cela, il pleut comme vache qui pisse. Serait-ce une mousson anticipée? On achète nos tickets de bus pour le sud du pays. La route est belle et le décor de la vallée de Kathmandu fascinant. Ca ressemble au nord des Philippines.

Le parc national de Chitwan et fin :

Nous arrivons à Chitrasali, situé à 4 km. de Sauhara, le point d'entrée du Royal Chitwan parc. Comme d'habitude, nous devons faire face aux assaults verbaux des raccoleurs obstinés et des chauffeurs de taxi oppressants. On avait fait notre choix au préalable et on suit donc un des employés de l'Annapurna View Lodge, un petit coin calme et charmant. Les 1ers jours, on fait de la lessive, on bouquine, on fuit le soleil accablant, on visite le mini éco-musée, on assiste au bain des éléphants, on chasse les moustiques qui pululent....Par la suite, nous passons aux choses sérieuses: une marche à travers la jungle! On traverse la rivière en bateau de bonne heure et notre guide Nakul, accompagné de son jeune assistant stagiaire Nabil, nous brief sur les dangers et sur le comportement à adopter en cas de rencontre malencontreuse avec des tigres, rhinocéros, ours ou éléphants sauvages. Nous entamons la ballade dans un décor d'herbes hautes, le "grassland". Nous croisons alors une tribu de macaques, une famille de langgurs, une femelle Gavial du Gange, une espèce de crocodile et un second d'une autre espèce, des biches tachetées et des "Hog deer". Première pause dans une des nombreuses tour d'observation: Nakul saute sur son téléscope et débusque un rhinocéros indien (unicorne) solitaire. On se met alors à courir comme des dératés derrière notre guide surexcité, sur le chemin principal. Et là, à 30 mètres de nous, la masse préhistorique à 4 pattes traverse le sentier paisiblement: Quel moment intense! Nous continuons le sourire aux lèvres. On aperçoit des poules d'eau, des paons par paquets de douze, des canards de Sibérie et des martins pêcheurs couleur turquoise. Un peu avant d'atteindre la 2ème tour, à l'orée de la "sal-forest", on espionne 3 rhinocéros: Une mère et son bébé, ainsi qu'un vieux mâle avachi à l'écart. Quels animaux étranges et fascinants! On dirait qu'ils sont équipés de "fessiers gilets par balles". D'ailleurs, il paraît que pour abattre ces carnes, les braconniers visent toujours la tête, l'unique partie réellement sensible.
Grace à Nakul, dit "Oeil de lynx", nous avons eu une journée bien remplie et on en a pris plein les mirettes! Un peu avant la tombée de la nuit, nous rallions le village de Pathani. La guethouse est sympathique, le dhal bhat délicieux et le cadre apaisant. Malheureusement, nous n'avons pas vu les tigres et les ours Lippu (sloth bear): Dommage!
Après une bonne nuit de sommeil, nous décidons de changer nos plans! En effet, nous avions prévu de prendre le bus jusqu'à un certain village pour ensuite rentrer à pied, en amoureux, à Sauraha. Mais le premier bus a déjà beaucoup de retard... On décide donc de retourner à Sauraha avec Nakul et Nabil, sur le toit des véhicules à l'agonie. Attention aux fils électriques et aux nids de poules! Une fois à Bakhtapur, un couple de népalais nous accoste. L'homme se présente en français et parle couramment anglais; il désire partager le trajet avec nous. Nous pensions finir le trajet en calèche mais la négociation n'aboutit pas! On opte donc pour le minuscule taxi à 7 places. Aussi, Nakul nous annonce que demain c'est la grève générale dans tout le pays. Nous nous empressons donc d'aller changer nos titres de transport pour Kathmandu, car si les routes sont paralysées demain, on loupe notre vol pour Bangkok. Il faut absolument qu'on parte cet après-midi! On a juste le temps de faire une promenade de 2 heures à dos d'éléphant, dans la jungle... C'est vraiment bizarre la démarche nonchalante des pachydermes. On dirait qu'ils ont des coussins d'air sous leurs pattes ( Nike n'a rien inventé!). A part cela, nous partageons la nacelle peu comfortable avec deux népalaises, la mère et la fille, de la caste des brahmanes, semble t-il. L'éléphant qui nous précède supporte 4 jeunes adolescentes bruyantes et puériles... En tous cas, leurs cris, leur parfum et leurs manières de bourgeoises n'effrayent pas la vie sauvage. En effet, les animaux restent impassibles  et insensibles à ça. On dirait qu'ils ne détectent que la présence non-hostile de notre Babar. Nous avons donc la chance d'approcher de très près des bambis, des cochons sauvages et un couple de rhinocéros se prélassant à l'ombre, dans une large marre de boue épaisse: Magique! Aurélie a même l'honneur et le privilège de tenir les rênes à la place du maître. Voilà... retour au bourg: On saute dans une calèche avec Bo, le fils du patron de l'agence Kingfisher, qui nous "encadre". A Bhaktapur, on échange le chaval contre le bus pour Narayangarh. On était censé monter à bord d'un mini-van, mais ce dernier est déjà parti: Il ne nous reste plus qu'à s'inscruster dans un bus local. On patiente une bonne heure avant que l'engin se remplisse complètement. Ca y est, on décolle...3/4 d'heure plus loin, le véhicule fatigué tombe en carafe... 2 heures s'écoulent le temps que les mécanos se déplacent et réparent la bête. Ca aurait pû être pire! Nous entrons dans Kathmandu vers 1 heure du mat'. La négociation avec les chauffeurs de taxi prend du temps mais s'avoue concluante. Une fois à Thamel, nous atterissons à l'hôtel Global, dans une chambre très moyenne que nous troquerons le lendemain matin contre une suite royale locale avec T.V satellite. Alors que nous cherchons un endroit sympa pour petit-déjeuner, Suraj fait son apparition discrète. Nous allons donc manger un bout ensemble tous les 3. Il nous conte son histoire et nous emmène dans son agence de voyages. C'est vraiment un chic type ce garçon! Enfin, nous re re-flânons dans le centre, nous nous légumisons devant les programmes télévisés, nous faisons des achats et nous re-déjeunons avec Suraj la veille de notre départ. Taxi Suzuki pot de yaourt blanc bruyant... Embouteillages de folie dans la chaotique Kathmandu city... Aéroport... Douanes et décollage immédiat!

Merci les z'amis:

- Hi! à Tony Smith de Vancouver. On espère bien le revoir au Canada l'hiver prochain.
- Merci à la police des touristes pour leur sens de l'accueil et leurs bons conseils.
- Salut au jeune népalais du bus et à son petit frère qui nous ont aidés à dégoter une chambre.
- Namasté au gentil Monsieur de la Lotus Guesthouse.
- Coucou au vendeur-rieur de baume du tigre.
- Tchao à l'épicier de Boddhanath.
- Hello au jeune gars tête en l'air de la Gangapurna à Manang.
- Hola à Cham, l'espagnol excentrique.
- Bonjour à Daniel le parisien.
- Bonne continuation à Béa et à Martial.
- Bonne chance pour la suite à Suraj.
- Tschuss à ce groupe d'allemands d'un certain âge...
- Bon courage au népalais qui tient le cabanon à Thorong La Pass (5416m.). Le bougre reste 4 mois sur place  et dort sur un banc: Incroyable!
- Vive Shiva et les saddhus. Quel drôle de vie quand même!
- Coucou à la gamine du Xanadu Motel de Jomson.
- Salut à l'équipe de Club Aventure de Marpha.
- Namasté à tous les sherpas.
- Tchao au jeune réceptionniste de la Cyber Guesthouse.
- Bonjour à Chloé et Pierre de Bruxelles, rencontrés au Parc de Chitwan.
- Danébat (merci) à Nakul et Nabil pour cette journée mémorable.
- Hello à la gamine de Bakhtapur.
- Bonne continuation à Biki et Parmina qui vivent en France.
- Merci au patron du Kingfisher, ainsi qu'à son fils Bo.
- Hey au jeune du bus de Kathmandu pour s'être inquièté de notre sort.
- Un grand merde à Suraj. Tout de bon l'Ami!
- Salut à Houcine que l'on a croisé brièvement le jour de notre départ.
- Bises à nos amis québècquois que l'on aime très fort.              

Par aurelie et chris
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