Aprés avoir passé 1h45 dans le bateau de Melaka, nous accostons à Dumai sur l'île de Sumatra. Passage obligé au bureau d'immigration pour obtenir notre visa de
tourisme de 30 jours. Après une petite attente et une fois les formalités administratives achevées, un petit papi s'occupe de nous emmener à l'agence qui fournit les billets de bus pour
Bukinttinggi.
Changement d'ambiance notable par rapport à la Malaisie. Les bâtisses sont vieilles et délabrées, les rues sales, les routes peu entretenues et la circulation totalement anarchique. Cependant, le
sourire et l'apparente gentillesse sont au rendez-vous!
On mange une soupe sur le pouce dans le resto chinois du coin avant d'embarquer à bord d'un minibus déglingué qui émet autant de décibels que le concorde au décollage! Ça y est nous arrivons
enfin à la gare routière où un vieux bus Mercedes nous attend. L'engin n'est pas confortable pour un sou car l'espace entre les sièges a été considérablement réduit . En revanche, l'air
conditionné a l'air de fonctionner (tellement bien que nous serons, pour finir, frigorifiés!), mais les indonésiens laissent les fenêtres ouvertes pour jeter leurs cigarettes qu'ils fument
allègrement à l'intérieur. Allez! C'est parti pour le parcours du combattant motorisé, mais au ralenti. En effet, les routes sont littéralement défonçées et le terme "nids de poules" est bien
trop faible pour décrire l'état de la chaussée. Bien entendu, nous faisons une pause une fois le soleil couché pour que les musulmans ne dépérissent pas en ce début de ramadan. En fait, nous
avons droit à de multiples pauses durant cette longue nuit de voyage. D'ailleurs, lors de la dernière, vers 5h du matin, Aurélie s'est fait une petite frayeur. Après une pause, au moment où le
bus s'apprêtait à redémarrer, j'étais sagement assis à l'avant pour finir une clopinette à côté du chauffeur; Aurélie ne me voyant pas fût quelque peu paniquée et un indonésien bienveillant ayant
compris son inquiétude, ordonna au conducteur de s'arrêter. C'est alors que tout le monde s'aperçut que j'étais devant et se mit à rire.
Il est 6h15 et nous entrons dans Bukittinggi. Au final, nous aurons passé 14h dans ce tape-cul pour parcourir à peine 350km. Nous nous rendons au Rajawali hotel en compagnie de 2 tchèques qui ont
fait la route avec nous.
L'auberge est tenue par Ulrich, un allemand d'une cinquantaine d'années et sa femme indonésienne. Pour la 1ère fois du voyage, nous testons la "douche-baquet" (on se lave grâce à un baquet
rempli d'eau que l'on puise avec une sorte de casserole en plastique). On a aussi droit aux odeurs d'urine émanant des toilettes turcs.
L'après-midi, après une bonne sieste, nous allons faire un tour au marché où les gens vont (bien avant 18h) pour acheter, mais pas consommer, les provisions du soir. Faire le ramadan et
vendre de la nourriture toute la journée ne doit pas être facile.....
Lors de nos ballades, nous nous rendons compte à quel point les indonésiens sont curieux et globalement agréables, le seul hic c'est qu'ils ne parlent pas ou peu anglais. Il va donc falloir qu'on
apprenne les rudiments du Bahasa indonésien. D'ailleurs, j'avoue qu'Aurélie a été beaucoup plus assidue que moi! Heureusement, nous avons sympathisé avec le personnel de l'Apache café qui speak
la langue de Shakespeare et qui cuisine toute la journée (et non, nous ne sommes pas musulmans). Aurélie raffole du nasi goreng et du mie goreng; respectivement, riz (nasi) ou nouilles (mie)
fries (goreng) à la poële avec quelques morceaux d'omelette ou un oeuf sur le plat, des légumes parfois et généralement du poulet ou des crustacés; le tout servi avec 2-3 rondelles de
concombre et quelques chips chinoises. Quant à moi, je frôle l'overdose de riz et teste les plats
aux noms bizarres qui souvent sont épicés (gado-gado, murtabak...)
Notre serviable et amical hôte allemand qui est ravi de bavarder et de partager
son savoir avec des occidentaux de passage, nous donne plein de tuyaux sur la région.
Et, en plus d'être amoureux de sa terre d'adoption, son passe-temps favori est la réalisation, à l'aide de son GPS dernier cri, de cartes géographiques détaillées de Sumatra. Nous suivons donc ses
précieux conseils et partons errer dans le canyon de Sianok qui se trouve à quelques centaines de mètres du centre-ville. Nous descendons et débouchons dans le creux
de la vallée où résident quelques paysans qui cultivent fruits et légumes et des écoliers qui
tous les 10 mètres, en nous aperçevant, nous lancent des "hello mister, aware you"!
Puis, nous trouvons enfin l'étroit sentier qui va nous conduire en haut du canyon. Après cette courte, mais intense ascension à travers les forêts de bambous géants et les plantes
surdimensionnées, nous aperçevons les premières habitations du village de Minang Kabau réputé pour ses orfèvres qui travaillent l'argent avec une extrême minutie. En effet, alors que nous
marchons paisiblement, un petit monsieur sort de son atelier et nous attire dans son échoppe; sa femme est là avec leurs 2 enfants....ils nous offrent un thé, on échange quelques mots tout en
contemplant le travail de l'artiste....et on craque: Aurélie pour une paire de boucles d'oreilles très fines, en forme de croissant de lune et une petite
bague, et moi, pour une magnifique broche en forme de rose. Une petite séance photo et nous poursuivons notre chemin à travers les rizières verdoyantes. Nous traversons la deuxième partie du
bourg paisible où nous captons quelques instants de la vie quotidienne de ces villageois qui aiment se faire prendre en photo et nous entendre prononçer quelques mots en Bahasa indonésien. Nous
achevons notre boucle et arrivons sur les hauteurs au bord du canyon: jolie vue panoramique. Pause. Le temps est suspendu! En redescendant, on croise Aimie, notre future copine
lausannoise rencontrée à la guest-house "le village" à Kuala Lumpur! Drôle de coïncidence! On passe le pont suspendu d'un autre temps et rentrons tranquillement mais dégoulinant! A part ces
moments magiques plus ou moins éphémères, il y a les petits désagréments dû aux différences de culture, comme les prières de l'imam qui sont parfois harmonieuses mais d'autres fois
dissonantes et saccadées. Sans compter qu'en plus des 5 "chants-prières" journaliers, il y a les commandements d'Allah, dictés voire hurlés par les fidèles à l'aide d'un micro relié aux 4
hauts-parleurs positionnés aux points cardinaux. Autres petits points négatifs: les égoûts à ciel ouvert avec les odeurs qui vont avec, le bruit incessant des klaxons, la nonchalance
des administrations (comme disait Ulrich: "on sait à peu près à quelle heure ouvrent les banques mais on ne sait pas à quelle heure elles ferment!") et les regards indiscrets posés sur
Aurélie.
Passons à nouveau aux aspects positifs: notre deuxième promenade aux alentours de Bukittinggi. Nous avons pris un minibus jusqu'à la petite ville de Padang Pajang pour effectuer une marche (6km) sur l'ancienne voie de chemin de fer où nous avons côtoyé des biquettes, une famille de cochons sauvages peureux, des sangsues amoureuses d'Aurélie, sans oublier la ribambelle d'enfants joyeux. Tout ça dans un décor de jungle épaisse entrecoupée de temps à
autre par des ponts métalliques ou en bois, ou encore d'obscurs tunnels. Au terme de cette virée acrobatique, nous atteignons la fameuse cascade de Lembah Anai, fort peu impressionnante. Minibus
et retour à la case
civilisation.
Enfin, notre troisième expédition fût l'ascension du Mont Merapi (2891m) qui est un volcan formé de 5
cratères, dont 3 encore actifs. Nous quittons Bukittinggi à bord d'un 4/4 conduit par Dino, le patron de l'Apache café, en compagnie de Guito, un employé du genre joyeux luron et de Nanda, notre
guide du moment également cuisto de l'Apache, en direction de Kota Baru, le point de départ de cette marche nocturne. Nous débutons l'ascension vers 22h. Après avoir fait quelques pauses....aux
3/4 du chemin (3h30 du mat) nous sommes soudainement maudits par le Dieu de la montagne qui nous inflige une pluie torrentielle. Nous stoppons notre avancée et, trempés guenillés, nous tentons de
nous abriter sous un arbre plus touffu que les autres et de nous réchauffer en préparant un bon thé chaud, avec une souris de passage comme compagne: le moral en prend un coup! Heureusement que
Nanda avait confectionné son combustible magique, un mélange de cendres compactes imbibées d'essence: Vive le feu!
La punition divine prend fin et nos petites jambes se remettent en action. Nous faisons une dernière halte à quelques mètres du sommet, à l'abri d'une bâche tendue et accrochée à des
buissons; avant dernier feu de camp. Impossible de trouver une branche sèche, du coup nous flambons une paire de tongs en plastique usagées et abandonnées: apprentissage de la survie! Il est
6h du matin, le jour s'est levé, le point culminant est franchi et le premier cratère endormi depuis des lustres est là sous nos pieds. Nous marchons à pas feutrés sur cette croûte lunaire et
nous prenons un malin plaisir à jeter des pierres qui font un bruit sourd lorsqu'elles touchent le "sol". Dire qu'en dessous c'est le vide et l'accès aux entrailles de la terre. Glupppppsss!!!
Nous nous dirigeons du côté du plus imposant des 3 cratères encore actifs. L'odeur de soufre est de plus en plus présente et la vapeur blanchâtre jaillissant de ce gouffre béant, de plus en plus
épaisse. Ouhlala! Pause photo. Bienvenu sur la lune!
Le fabuleux levé de soleil que nous espérions tant nous a boudé et les nuages restent oppressants. Nous ne nous attardons donc pas et rebroussons chemin. Il pleut à nouveau. Encore une pause au
campement de fortune pour prendre le petit déjeuner; le thé chaud de Madame, réchauffé à l'aide des tongs semi-carbonisées, est servi!
Fatigués, nous puisons dans nos réserves pour gérer au mieux le chemin du retour. C'est
étrange de voir de jour cette jungle couverte d'une brume mystique. Tant bien que mal, exténués et lessivés, nous franchissons la ligne d'arrivée au pied du Mont Merapi à 12h45. Dino nous attend
et nous ramène à Bukittinggi, sains (ou presque) et saufs. Nous n'allons pas nous coucher de suite, de peur d'être trop déphasés.
Le lendemain, nous filons dans une agence de voyages pour acheter des billets d'avion Jakarta-Kuching car, selon les dires d'Ulrich toute l'Indonésie est bloquée par de terribles embouteillages
et il faut absolument éviter de circuler entre le 21/09 et le 10/10 à cause de la fin du ramadan. O.K. Il est temps de quitter Bukittinggi et Ulrich. Nous nous rendons à la chaotique gare
routière pour prendre le bus de Maninjau. Les autocars sont surchargés. Les marchands de cacahuètes, de bananes, et de mets en tous genres, font d'incessants aller-retour dans les véhicules; les
vendeurs de magasines tentent de me refourguer le playboy local et les jeunes pseudo-guitaristes qui reprennent des tubes de pop indonésienne avec leurs grattes (customisées made in China qui
frisent de toutes leurs cordes) viennent quémander quelques billets: le bordel quoi! La route est belle et sinueuse, surtout lorsque l'on entame la descente vers Maninjau: 44 virages serrés
serpentant entre les rizières étagées avec, en contrebas, le lac du volcan actif de Maninjau et, au bord de la route, les macaques au regard malicieux, surveillant la circulation. Le bus nous
dépose juste devant l'auberge Beach inn. Un petit coin de paradis. En effet, nous sommes à 2 pas du lac et ici tout n'est que luxe, calme et volupté (ou presque)....
Les gens vivent principalement de la culture du riz et de l'élevage de poissons. Toutefois, le réveil du volcan qui survient environ tous les 3 ans détruit totalement la faune aquatique. Nous
retrouvons notre copine lausannoise Aimie et sympathisons avec Bambang le gérant et Rocky son employé. Nous avons quelques discussions sérieuses sur la politique crapuleuse, la corruption au
quotidien, le trafic de drogues, la prostitution cachée, le mariage, le soi-disant matriarcat local et l'éducation sexuelle quasi inexistante....
Quoi d'autre? Nous bouquinons, nous apprenons l'Indonésien (enfin Aurélie!), nous nous baignons, mais pas trop longtemps car vu que nous sommes juste sous l'équateur et à 1000m d'altitude, le
soleil est du genre dangereux. D'ailleurs, Aurélie en fait les frais et bénéficie d'une bonne insolation avec tout ce qui s'en suit (vomissements, maux de ventre, faiblesses...). De plus, elle se
fait voler ses splendides lunettes de soleil rose fuschia: pauvre piou-piou!
Après le repos de la guerrière, nous décidons d'aller crapahuter dans les hauteurs de Maninjau. Décor de rizières en escaliers sur fond de cocotiers et de bananiers. Il fait vraiment très chaud
et ça grimpe sévère, mais le panorama est magnifique: les montagnes se reflètent dans les eaux du
lac et les teintes de bleus se mêlent à la palette des verts des terres. Nous sommes bientôt en haut et les enfants du minuscule village viennent à notre rencontre pour nous demander de prendre
leurs frimousses amusées en photo. Vient le tour des petits papis avec leur peau tannée par le soleil: ils sont fiers comme Bartabas! La récréation touche à sa fin. De retour à Beach inn, je
supplie Aimie de me faire un massage du dos. Ah oui j'avais oublié de dire qu'elle est sur le point d'achever ses études d'ostéopathe. P.S: Aurélie aura droit à la même faveur le lendemain. Que
du bonheur, surtout qu'après ce moment de détente (et oui encore un) nous savourons d'excellentissimes tacos chocolat-banane, préparés avec amour par Rocky. Il faut savoir que beaucoup
d'Indonésiens hommes, prennent plaisir à concocter de petits plats, mais aucun d'entre eux n'égale Aurélie pour faire des crêpes salées made in Belligné. D'ailleurs, ma petite Maïté nous l'a
prouvée! Mais il a fallu qu'elle trouve les ingrédients adéquats et, pour ce faire, elle est partie faire des courses avec Rocky. Tout d'abord, ils sont allés acheter du whisky (très important
pour les crêpes!!! Hmm hmm...) chez une petite mamie qui en vend plus ou moins secrètement. 2ème étape: dégoter le poulet qui fera office de jambon. Description de la scène avec les mots
d'Aurélie: "On passe derrière une maison et j'aperçois une dame en train de déplumer un poulet. Une odeur très forte émane du plat qui est par terre et qui est rempli d'intestins et autres abats
que des chats engloutissent avec plaisir. Viens alors le tour de mon poulet qu'elle choppe dans le poulailler. Je pense qu'elle le met ensuite dans le feu pour le tuer, ce que je ne peux pas voir
d'où je suis, puisque lorsqu'il réapparait il est tout noir, les plumes comme brulées. La femme tape plusieurs fois sur le ventre du poulet pour s'assurer qu'il est bien mort. Elle lui coupe
alors les pattes et le déplume. Puis elle fait une ouverture au milieu, le casse en deux et enlève les abats qu'elle jette dans le fameux plat. A peine 10mn se sont écoulées. Je paye et
on s'en va. Cette soirée crêpes clôture notre séjour à Beach inn, au lac de Manijau. Nous
faisons nos adieux à l'équipe et montons dans ce qu'ils appellent une "voiture privée-taxi" qui doit nous conduire à Padang. Petit malentendu avec le chauffeur à qui, semble-t-il, Bambang aurait
dit de nous déposer chez "Uncle Jack guest-house" à 15km de Padang. On soupçonne d'ailleurs ce dernier de toucher une commisson pour les touristes qu'il réussi à y envoyer. Bref! Finallement,
nous lui expliquons que c'est une erreur et il nous emmène donc à l'hotel Immanuel en plein "centre-ville". Ballade habituelle et couché de soleil furtif sur l'Océan Indien. Pause dans notre
piaule où l'on regarde "l'âge de glace" en anglais sous-titré en indonésien. Puis on a faim! Nous nous rendons alors dans une espèce de paillotte sans électricité, au bord de l'eau, dans le noir,
en amoureux...... Pour faire passer le tout, nous allons commander chez le marchand ambulant du coin, un jus de belanda. Retour à l'Immanuel pour se bidonner devant un bon vieux film kitsch "The
jaws, the revenge". Le lendemain, une grosse mission nous attend: changer quelques travelers cheques! Facile me direz-vous! Et bien non! Au bout de 3 heures de marche sous le cagnard, nous
n'avons trouvé aucune banque qui veuille bien troquer nos bouts de papier contre du liquide; Résultat: visite au distributeur situé à 50m de l'hotel! Pour se remettre de
tout ça, nous allons déguster des dumplings
chinois (sorte de ravioli) fourrés aux légumes et à la viande, en sirotant un jus de fruit frais (sirsak et jambu) mélangé avec du yaourt. L'après-midi, nous usons un peu plus nos semelles en
déambulant dans l'ancien port où se prélassent de vieux navires en bois chargés d'histoire. Dommage que les égoûts, se déversant dans l'embouchure noirâtre et nauséabonde, gâchent le cachet de ce
lieu du passé. Le soir venu, nous allons savourer quelques plats de "Padang food". Il semblerait que ce soit la référence culinaire de Sumatra. Il est 18h30, le soleil vient de se coucher et nous
faisons notre entrée plus que remarquée, dans ce restaurant réputé et plein à craquer où nous sommes les seuls blancs-becs. Les hommes accompagnés de leurs belles voilées dévisagent ma chérie
habillée léger....hum! On nous installe à l'étage et on nous apporte tous les mets de la maison. En fait, les serveurs posent sur la table diverses coupelles de nourriture froide: il y a du
poisson, des abats, du boeuf, du poulet à toutes les sauces, des épinards et bien entendu du riz blanc. Une fois repu, le garçon de salle comptabilise les petites assiettes vides et établit ainsi
la "note salée". Après ce festin, nous nous dirigeons les yeux fermés, comme des somnambules en manque, vers notre copain le marchand de jus de fruits frais. Le jour du départ a sonné. On monte
dans un opelet (genre de van aménagé pour le transport de personnes) dont la sono peut rivaliser avec n'importe quelle boîte de nuit à la mode. Techno à fond, les ultrabasses au maximum, nous
traversons la ville et descendons à la gare routière. Quel soulagement pour les portuguaises! Nous voici à présent dans le bus en direction de Bandar Lampung. Nous avons droit à une ribambelle de
clips de pop-indonésienne. Les chauffeurs sont cinglés et conduisent au feeling.....de vrais pilotes qui carburent aux clopes à base de clous de girofle. De multiples pauses pipi-miam-miam, dont
une particulièrement étrange où les femmes et les jeunes filles se font vomir. Peut-être le contre-coup du jeûne du ramadan?!?... Le bus repart et le mécano-racoleur de nouveaux passagers
distribue des sacs plastiques pour les malades. On s'endort entre deux chansons à trois accords.... on se réveille vaseux, avec les orteils sales et déformés de notre voisine de derrière posés
sur nos accoudoirs: sompteux retour à la réalité. Nous devions stopper ce voyage féerique à Bandar Lampung, mais la vue de cette bourgade, sans intérêt apparant, nous refroidit.
Finallement, nous optons pour la paisible ville portuaire de Kalianda. Suite à ces charmantes 26h d'autocar, nous montons chacun à l'arrière d'une mobylette avec nos sacs sur le dos. Nos deux
chauffeurs de pétrolettes nous déposent à l'hotel Beringin de Kalianda; on décharge notre carapaçe de tortue; on se douche et on va commander un bon vieux "mie goreng" dans le boui-boui d'à côté.
Et si on allait à la plage en contrebas....On traverse quelques baraquements entourés de détritus qui baignent dans les eaux usagées et stagnantes. Au bout de 10mn de baignade, on aperçoit au
loin un groupe de gamins curieux qui s'approchent lentement mais sûrement. Je sors de l'eau car ils sont, à mon goût, trop près de nos affaires. Aurélie me suit en bikini qu'elle s'empresse de
couvrir car les jeunes gosses sont surpris et perplexes (on a appris plus tard qu'il existe une loi nationale interdisant le port du bikini, excepté à Bali). A l'heure du dîner, on craque pour un
petit resto de "Padang food" : j'adore! Le soir même, nous décidons de ne pas nous rendre au Krakatau, cette île volcanique qui a jaillie des
profondeurs de l'océan en 1883. Pour la petite histoire, l'explosion a été entendu 5000 km à la ronde et a provoquée un tsunami de 15 à 30m; la lave s'est propagée sur plus de 40 km et un nuage
de cendres d'environ 80 km de haut a plongé la région dansl 'obscurité. Le lendemain, nous passons une bonne partie de la journée sur internet pour structurer le blog. Nous retournons au même
restaurant de "Padang food" de la veille avant d aller à la plage. Mais cette fois-ci, on prend toutes les précautions nécessaires pour ne pas se faire repérer par les voyeurs et les malicieux
enfants du quartier. Le surlendemain, je ne suis pas très en forme et j'ai l'impression d'avoir une grosse baisse de tension: mini-sieste, aller et retour aux toilettes. C'est pas la joie! 24h
après, je me sens d'attaque pour décoller. On prend un opelet jaune qui nous emmène à Bakauheni, l'extrême pointe est de Sumatra. Nous suivons les conseils d'Ulrich et embarquons à bord du ferry
pour Merak (île de Java) en tant que piétons. Il avait raison, au bout d'un quart d'heure le bateau prend le large; nous avons dépassé une paire de locaux entassés dans leurs véhicules. Le
"stewart" nous place à l'étage et nous avons le privilège d'être seuls à côté de la cabine du commandant et de ses officiers. Mais il faut savoir qu'en Asie rien n'est jamais parfait (comme
partout me direz-vous), il y a toujours un petit quelque chose qui ne va pas! Là, en l'occurence, il s'agit de la musique: les deux boomers de la sono sont à 2m de notre banquette et le volume
est au taquet, comme d'habitude. Arrivés à bon port, nous prenons le bus pour la gare routière de Ramboutan, située à 17km du centre de Jakarta. Nous avons évidemment droit à plusieurs pauses
avec les marchands ambulants et les jeunes qui s'improvisent musicien-crooner. A Ramboutan, nous empruntons le bus de ville ultra-moderne. Là, un jeune homme fort sympathique et parlant très bien
anglais nous propose de nous guider pour que l'on puisse aisément rallier le quartier de Jalan Jaksa. On quitte l'autocar et on le suit jusqu'à un genre "camion-bus" de l'armée en fin de vie. Il
parle au chauffeur, paye pour nous avant qu'on ait le temps de dire quoi que ce soit et nous souhaite un bon voyage: incroyable! Scène quasi impossible en France, surtout avec des étrangers. Le
camion vrombit et crache des nuages noirs opaques, les amortisseurs sont morts et on se demande si il ya encore du caoutchouc sur les pneus. La ville est immensément tentaculaire et sale, l'air
ambiant éttoufant est gorgé de gaz d'échappement. A Jalan Jaksa, nous choisissons une piaule immonde à l'hotel Kresna: plus crade tu meurs! En plus, la douche-toilette héberge plein de moustiques
et de cafards et a dû être nettoyée pour la dernière fois dans les années 70 ou 80..... En plus, le règlement interne affiché dans les chambres stipule qu'il est formellement interdit de poser
son sac sur le lit par mesure d'hygiène. Du coup, nous changeons d'hotel de très bonne heure le lendemain matin... Bienvenu à l'hotel Dodji! Nous sommes resté 6 jours à Jakarta, la capitale
indonésienne, que nous n'avons pas visité car la chaleur et la puanteur nous ont fortement rebutés. Voici donc un résumé de ce que nous avons fait pendant cette petite semaine: lessive à la main,
beaucoup de temps passé sur internet, lecture intensive pour Aurélie, pratique de la guitare, achat massif de tee-shirts à 1 euro 50 chez "Robinson", recherche désespéré d'un
capodastre.....
A part ça, nous avons découvert de nouveaux jus de fruits et nous nous sommes souvent restaurés dans les stands de la rue Jl Hadji Agus Salim (soupe de nouille, mie et nasi goreng, brochettes de
poulet au satay...) et dans quelques établissements de type orientale, peut-être par nostalgie. De temps en temps, nous allions faire des courses chez "Indomarket" où ils donnent des bonbons
quand ils n'ont pas assez de monnaie. Que dire
d'autre....
La ville était relativement déserte car le ramadan touchait à sa fin et les habitants de Jakarta étaient partis retrouver leurs familles. Par contre, il y avait toujours un nombre effarant
d'enfants bruyants dans la rue adjacente à notre chambre et leurs cris nous tapaient légèrement sur le système. Enfin, lors de la fête du ramadan, les muezzins de toutes les mosquées scandaient
le nom "d'Allah le grand" toute la nuit durant. Des gamins vidaient leurs stocks de pétards et dans tous les quartiers, le son grave des tambours, fabriqués avec d'énormes tonneaux métalliques,
résonnait lourdement et créait une atmosphère tribale
particulière.
Ca y est, encore une nouvelle étape qui approche. On prend un bajal, sorte de tuk-tuk à trois roues qui fait autant de bruit que trois ou quatre tondeuses à gazon et qui pollue 10 000 fois plus
qu'un pet de taureau argentin, pour se rendre à la gare routière de Gambir.....De là, bus pour l'aéroport international; enregistrement des bagages; passage de douane et achats dans les
magasins duty-free classieux. Nous sommes le 04/10 et nous quittons le sol javanais pour Kuching sur l'île de Bornéo.... C'est triste à dire mais nous étions presque
euphoriques à l'idée de quitter cette mégalopole.
RUBRIQUE DU COEUR:
- Salut au jeune de l'agence de transport de Dumai qui n'aimait pas mes poils d'avant-bras....par contre, il adorait Paris Hilton et détestait Pamela Anderson.
- Coucou aux 2 tchèques aux prénoms imprononçables que nous avons côtoyé lors de notre séjour à Bukittinggi. P.S: ils se faisaient appeler Charlie et Jo.
- Merci à Ulrich, le patron allemand du Rajawali hotel pour sa gentillesse et ses nombreux bons conseils.
- Bonjour à l'australien quinquagénnaire avec qui nous avons parlé dans un boui-boui de Bukittinggi.
- Merci à la famille du bijoutier de Minang Kabau pour leur formidable accueil: ils étaient tout simplement adorables.
- Coucou aux 6 adolescents qui étaient assis à la même table que nous dans un resto. Ils étaient ravis qu'on leur offre quelques centimes d'euros pour leur collection. Ils nous ont pris en photo une dizaine de fois!
- Salut aux 2 papis souriants de Minang Kabau qui nous ont demandé de les prendre en photo.
- Bisou à notre copine Aimie: "tout d'bon!".
- Coucou à Guito, le jeune bassiste toujours enthousiaste de l'Apache café. Vive Victor Wooten et Marcus Miller!
- Bonjour à Keren et Tony, un couple de canadiens de Toronto qui prenaient une année sabbatique pour silloner le globe.
- Merci à Nanda pour tous les bons moments partagés et particulièrement ceux de l'ascension du Mont Merapi.
- Pas bonjour à ce groupe de 4 français peu souriants et peu communicatifs.
- Salut à l'employé, on ne peut plus détendu du Bedudal café de Bukittinggi; il ressemble à mon ami Buzz version asiatique.
- Coucou à Phil et Lee , ces deux surfeurs australiens de Perth qui travaillaient sur des bateaux de pêche ou qui donnaient des cours de surf sur les îles Mentawai.
Merci à Dino, le patron de l'Apache café pour son sourire resplendissant et constant.
- Bonjour à ce vieil allemand de Munich résidant en Australie. Le bonhomme alternait frénétiquement les gorgées de bière et les bouffées de fumée de ses clopes.
- Salut à ce jeune américain de Louisianne qui avait passé toute son enfance à Sumatra et qui revenait de 2ans de volontariat en Ouganda.
- Coucou à tous les musiciens qui grimpent dans les bus et qui jouent sans retenue, aucune!
- Hello à Mira et Adrien, un jeune couple de français charmants que nous avions rencontré à bukittinggi et avec qui nous avons passé un peu de temps à Maninjau. Ils travaillaient à Singapour auparavant et ils souhaitent explorer l'Asie du sud-est avant de faire de même en Amérique du sud. Bonne chance et à bientôt peut-être.
- Salut et merci à Bambang et Rocky du Beach inn à Maninjau.
- Merci à Gilles Bordessoule, cet ancien guide de montagne, écrivain-journaliste-psychosociologue-voyageur français pour avoir partagé un peu de son immense savoir. Nous avons parlé de mysticisme, du tantrisme, de l'expérience universelle, de méditation Vipassana, de réincarnation, de scientologie, des adorateurs de l'oignon, des Nestoriens, des sectes, des Esprits, du développement personnel, du chamanisme,de Nicolas Hulot de l'Eco-tourisme, et de ses expériences de voyageurs en Sicile, en Asie, au Zanskar, au Spitsberg, en Amazonie.... A présent, il est marié avec une balinaise et vit sur une île dans l'archipel des mentawais qu'un chef de tribu lui a vendue pour une bouchée de pain car il est persuadé que Gilles est la réincarnation de son père.....peut-être nous reverrons-nous sur ces îles!
- Encore bisous à Aimie et merci pour ses massages. A très bientôt dans l'chalet.
- Bonjour à ce couple d 'africains du sud qui vivent en Arabie Saoudite. Elle travaille dans le commerce du café et lui s'occupe d'enfants.
- Bonne chance pour la suite à ce fou de Padang qui a essayé de toucher les jambes d'Aurélie et qui ne cessait de la regarder, pour finallement commander le même jus de fruit qu'elle et nous demander de le payer à sa place. Comme nous avons évidement refusé il est parti avec, sans le réglé, sous l'oeil surpris et impuissant du vendeur.
- Merci aux chauffeurs et au mécano du bus Padang-Bandar Lampung pour avoir évité tous les nombreux accidents potentiels.
- Coucou à l'équipe des flemmards de l'hotel Beringin de Kalianda pour leur acceuil à la cool.
- Salut aux gosses de la plage de Kalianda qui trouvaient que je ressemblais à Mister Bean quand je leur faisais des grimaces.
- Bonjour à ce policier avec qui Aurélie a discuté dans un des nombreux restaurants de "Padang food" de Kalianda.
- Merci à tous les marchands de jus de fruits frais de la terre! Merci d'exercer ce fabuleux métier pour le plus grand plaisir de nos papilles!
- Coucou à Gow (se prononce Gao), un jeune indonésien qui tenait un des cyber de Jalan Jaksa à Jakarta et qui faisait des shows de Drag Queen à Marseille et à Amsterdam une fois par an. P.S: il aurait bien aimé que je retourne ma veste!
- Salut à Chris Allen, le meilleur ami de Gow, très sympa.
- Bonjour à cet ancien professeur américain de Détroit à moitié saoûl de la veille pour avoir partagé son amour de la France et des français. Par contre, son acolyte néo-zélandais était particulièrement défonçé, bruyant et désagréable. Je pense que l'armée lui avait fait du mal...
- Salut aux jeunes indonésiens, originaires de Medan, avec qui on a discuté à plusieurs reprises. Ils séjournaient en face de notre chambre d'hotel dans la rue adjacente.
- Bonjour et merci à Hadji, un vieux monsieur de Sulawesi qui ne parle pas un mot d'anglais et qui nous a invité à séjourner chez lui en nous laissant son adresse, si nous allons un jour sur son île.....