Nous voici donc au 21 août, le jour de la saint Christophe, patron des
voyageurs.
Nous avons troqué nos vélos et nos sacoches contre des chaussures et des sacs à
dos. L'aventure se veut différente des 2 précédentes: moins de contraintes et plus de soleil ! Inch'Allah...
Nous quittons Nancy pour nous rendre à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle où le vol GF280 nous attend sagement. Première et unique escale à Bahrein. Durant ce transit , nous nous mélangeons à la
masse hétéroclite des voyageurs. Ici, les babos sur le retour, les expatriés anonymes, les femmes voilées de noir de la tête aux pieds et les émirs vêtus de leurs traditionnelles tenues blanches
immaculées se croisent impassiblement. D'ailleurs, un émir effectuant un voyage d'affaire se prend de sympathie pour nous. Quel déconneur!
Comme notre correspondance pour Kuala Lumpur a du retard nous allons nous remplir la panse dans....un Mac Donald. Second vol dans les étoiles. Nous sommes le 22 août, il
est 11h15 heure locale et nous posons le pied sur la
péninsule malaise.
Les 5 sens en éveil (et bientôt le 6ème) prêt à capter tout ce que l'Asie a à nous offrir. En dehors de la moiteur tropicale, ce sont les odeurs qui frappent en 1er. Ce mélange de senteurs
spécifique à ce continent, se caractérise par un "fin" assemblage de gaz d'échappement,de fritures, d'encens, de parfums bon marché, d'égouts...
Après le nez, ce sont les oreilles qui sont en éveil. Le bruit permanent de la circulation et des obsédés du klaxon, les climatisations qui pullulent sur toutes les bâtisses et les marchands qui
gueulent à tout va. L'Asie donne un avant-goût de ce que pourrait être le Chaos. Il s'agit en effet d'un bordel organisé où on en prend plein les mirettes à chaque instant. Les stands de
nourriture, de vêtements et de conneries en tous genres s'enchevêtrent le long des trottoirs pour former un amas coloré uniforme et on ne peut plus insolite.
Allez, un peu de culture!
La Malaisie est indépendante depuis 1957, mais la partie nord de Bornéo, composée de Sabah et Sarawak, ne s'est ralliée qu'en1963 pour former l'actuelle Malaisie. Suite aux troubles inter-raciaux
survenus en 1969, le pays a su établir une société multi-culturelle ultra tolérante où les malais musulmans, les chinois bouddhistes, taoïstes ou chrétiens, les indiens hindouistes, chrétiens ou
musulmans, cohabitent sans problèmes. Cependant, même si les malais tiennent les rênes du pouvoir politique, ce sont les chinois qui dominent l'économie.
Alors vous vous demandez ce qu'on a fait de nos journées. Et bien en premier lieu, nous avons goûté et testé la pluie tropicale un petit peu tous les jours, histoire de nous remémorer ces
interminables journées, en vélo, passées sous la flotte! A part ça, nous avons beaucoup marché car comme dit le dicton: "Si tu n'as plus tes pédales, il te reste tes sandales".
Nous avons également testé toutes sortes de
jus de fruits pressés : orange, fraise, banane, pomme, citron, ananas, papaye, goyave, carambole, pastèque, noix de coco, mangue, litchi, durian, mangoustan, fruit du dragon, etc...Quel régal mes
amis!
Et puis le riz, et puis le riz, et puis le riz, à toutes les sauces, et les nouilles à toutes les soupes. Nous reviendrons au chapitre nourriture un peu plus tard.
Donc, nous nous sommes balladés dans les différents quartiers de la capitale, de Chinatown au Golden Triangle, en passant par Merdeka square et Little India. Nous sommes allés
saluer les fameuses tours jumelles...... Petronas, figurant dans le top five des gratte-ciel les plus hauts du monde. Mais, nous avons surtout erré dans les tréfonds de Chinatown et de
la rue la plus commerçante du centre " JL petaling", car notre auberge de jeunesse ou plus précisément guest-house " Le village " était située non loin de là. Donc, en dehors de la pétanque,
du base-jump et de la marche, nous avons essayé d'ingurgiter les rudiments de la langue malaise. Heureusement pour nous, quasiment tout le monde parle anglais, sauf les rats qui squattent le
lavabo de la cuisine de notre hôtel. A part les conversations basiques avec les autochtones, nous avons sympathisé avec quelques voyageurs résidant au village comme Mostapha, un jeune belge de
Charleroi d'origine marocaine avec qui nous avons refait le monde en moins de 2h; ou encore Aimie, une jeune étudiante ostéopathe de Lausanne. Sinon, quand nous étions las des rencontres et des
déambulations citadines où il faut affronter et parfois défier les étranges regards posés principalement sur Aurélie, nous nous installions tranquillement dans notre chambre pour lire, écrire ou
faire de la musique. Après la folie urbaine de KL, nous sommes allés en bus au parc national de Taman Negara. Sur la route surchargée de chauffards et de bécanes, nous avons pu apprécier pour la
1ère fois du voyage, la végétation luxuriante...les palmiers, les bananiers, les cocotiers et les hévéas, d'où on soustrait le précieux caoutchouc noirâtre; sans compter les innombrables fleurs
et arbres fruitiers.Après avoir quitté cette route bordée de maisons en bois couvertes de toits de taules ou de palmes, nous sommes arrivés à l'entrée du parc. Nous avons alors troqué le bus
contre une pirogue en bois filiforme et à moteur. 3 heures de bateau sur une rivière limoneuse,
couleur boue, en compagnie d'un jeune couple d'allemands savourant les derniers instants de leur tour du
monde d'un an. Nous apercevons nos 1ers oiseaux exotiques ainsi que nos 1ers buffles avant d'arriver à destination finale. On nous installe dans une chambre avec 4 lits jumelés et, par
chance, nous sommes les seuls dedans. Nous vivons notre 1ère réelle expérience dans la jungle en faisant un trek nocturne. Nous avons cotoyé des araignées, des scolopendres géants, des oiseaux
endormis, des cochons sauvages et même des biches. Le lendemain, nous avons effectué un trek diurne, après avoir joué aux funambules sur la canopé, à 25m
du sol, se promenant d'arbres en arbres à l'aide de
passerelles. Aux heures des repas et des activités, nous étions toujours en compagnie du même groupe de personnes, c'est à dire Jacquie et Jack de Houston au Texas, Nina et Thomas de Arhus au
Danemark, Judith et Allen respectivement de Hongrie et du Danemark, Elsa et Marleen de La Haye aux Pays-bas. Nous avons également fait une ballade humide en pirogue motorisée sur les rapides,
avant d'échouer dans un village d'aborigènes Orang-Asli. Le genre de visite que nous n'apprécions guère, surtout qu'on ne sait pas s'il s'agit d'une pièce de théâtre! Bref...nous avons tout de
même vu comment ils font du feu quand ils n'ont pas de briquet et nous avons essayé leurs magnifiques sarbacanes avec lesquelles ils chassent le singe, leur met de prédilection. Il s'agit de
tribus nomades animistes nommées Orang Asli, ce qui signifie "homme originel" qui vivent dans la forêt tropicale mais qui tentent de ne pas se faire absorber trop vite par la société, même si ils
ont conclu des accords touristiques avec cette dernière. A l'heure actuelle, le gouvernement souhaiterait qu'ils soient scolarisés, mais les aborigènes s'y opposent catégoriquement. A part cela,
nous avons eu droit à l'histoire de l'ancien du village: Sa femme et son enfant se seraient fait attaquer et dévorer par un tigre. Le pauvre homme n'a eu que
la fuite comme ultime recours... Voilà pour les
anecdotes de la jungle. Adieu Orang Asli, cochons sauvages et singes joueurs courant sur les toits des bungalows aux aurores. Il est temps pour nous de reprendre la route en direction des iles.
Cap sud-est. Nous passons par Jerantut et Kuantan où nous rencontrons Sophie et Manu, un jeune couple en lune de miel. Elle est originaire de Beaucouzé à coté d'Angers et lui est
italien. Ils sont tous les 2 kinés et vivent à Bologne. Nous faisons connaissance alors que nous cherchons une correspondance pour aller à Mersing. Tous les bus affichent
complet, mais Manu y va au culot et nous dégote 4 places en en négociant une au black: la classe! Sauvés, nous serons à Mersing ce soir. Nous passons la nuit dans la guest-house
d'Omar, qui connait bien la Bretagne. Nous sympathisons également avec Laeticia d'Aix en Provence qui voyage depuis un an, ainsi qu'avec un jeune polonais de Katowice, son actuel compagnon de
route. Ce soir là, nous partageons notre chambre et ses acariens avec une famille anglo-allemande (les parents et 2 jeunes enfants). Le lendemain, après s'être fait dévorer par les
bedbugs et les moustiques, nous prenons le bateau avec Sophie et Manu direction la plage de Salang, sur l'ile idyllique de Tioman.
A nous la glande contemplative dans les hamacs au milieu des poules et des varangs. Au programme, lecture,
écriture romanesque, mélodies insulaires et de très bons moments passés avec Sophie et Manu, 5 jours durant. En plus de cela, nous avons fait du snorkeling au milieu des coraux et des
poissons multicolores, une véritable féerie aquatique, mieux que dans les rêves de Némo. Aussi, nous avons fait une marche en amoureux à travers la jungle pour rallier la Baie des singes et sa
plage desertée où il ne manque que Robinson Crusoé dans le décor. Dans cette moiteur étouffante, nous avons croisé des varangs, des écureuils gris, notre 1er serpent et des singes en grand
nombre. Le soir, nous allions généralement nous remplir la panse en compagnie de Sophie et Manu, chez Eddy notre serveur préféré. Au menu, barbecue de poissons (thon, crevettes géantes, calamars
et poulpes) arrosé de vin du chili blanc (sauvignon) et rouge (cabernet), le tout face à la Mer de Chine, les pieds dans le sable doré avec comme spectacle le soleil couchant et ses teintes
rougeatres se reflétant dans les vagues. Le dernier jour, nous avons rencontré un couple de francais du 95, Annie et Jacques, avec qui nous avons passé une agréable soirée à discuter de
tout et de rien. Ca y est l'appel de nouveaux horizons se fait ressentir. Nous ne sommes pas loin de Singapour, alors pourquoi ne pas s'y rendre. Retour à la case bateau pour Mersing, tôt le
matin. A la station routière, nous apprenons que le bus direct est plein. Nous décidons donc de tâter du transport local. Jusqu'à la petite ville de Kuta Tinggi, nous restons debout avec d'autres
malaisiens en quête d'un siège libre. Heureusement le trajet ne dure que 2 heures! Nous sommes les seuls occidentaux avec un jeune couple d'espagnols peu avenants. A Kuta Tinggi, nous prenons un
2ème bus pour Johor Bahru, dit JB. Un peu plus chanceux, nous avons un fauteuil, "mais pas d'orchestre", pour 2. On ingurgite du riz blanc avec des légumes et du poulet curry en 2 temps 3
mouvements et on saute dans le bus pour Singapour...on roule sur la frontière géographique entre la Malaisie et Singapour située sur le détroit de Johor...
COUCOU ET MERCI
- Salut à ce jeune couple d'allemands croisés à la sortie de l'aéroport de Kuala Lumpur.
- Merci à cet écossais d'environ 35ans totalement blasé par la Malaisie qui nous a indiqué le chemin vers le monorail. Après 3 ans et demi de travail dans les affaires avec les
asiatiques, le pauvre gars ne pense qu'à rentrer chez lui.
- Merci à cet etudiant, peut-être le seul guinéen expatrié en Malaisie qui nous a amicalement conduit jusqu'à Chinatown: très gentil.
- Coucou à notre guide Mat, de Taman Negara.
- Merci à cette adorable jeune fille de Kuantan qui est venue spontanément vers nous pour nous proposer son aide. Nous étions avec Sophie et Manu à la recherche du fameux bus pour Mersing.
- Salut Lee, l'employée chinoise (rusée biensur...) d'une agence de voyages de Mersing qui nous a sautée dessus à la sortie du bus.
- Coucou à ce jeune couple d'étudiants slovènes, rencontrés à la guest-house d'Omar.
- Merci à cette étudiante d'origine bosniaque pour cette conversation intéressante. Elle suivait des cours supérieurs de physique à l'université de Kuantan. Elle avait déja vécu aux Etats-Unis et
à Moscou auparavant...
- Un grand salut à Sophie et Manu pour ces supers moments partagés autour des bonnes bouteilles de vin. On espère bien vous revoir.
- Encore merci à Annie et Jacques pour cette soirée passée en leur compagnie, mais aussi parce qu'ils ont absolument tenu à nous offrir les 26 ringgits qui nous manquait pour payer
notre dernière addition sur l'ile de Tioman.