Mercredi 5 mars 2008

Nous voici à présent en Lettonie où l’altitude est souvent en dessous du niveau de la mer. Ce pays occupe une position médiane au sein du groupe des pays baltes. Il est composé de forêts à 40%, ainsi que 10% de tourbières, de marais et de marécages, résidence principale de nos amis les castors. Aussi, il semblerait que l’on peut croiser des phoques (ou que l’on pouvait… ?) dans la mer baltique au large des côtes lettonnes.
Et si nous abordions à présent certains évènements historiques de cette nation qui, comme ses voisins, a beaucoup souff
ert. Alors commençons ce « résumé » au XVème siècle avec la ligue hanséatique des marchands allemands, maîtres du commerce dans la mer baltique et la mer du nord qui favorisa la prospérité de la capitale Riga et ce jusqu’à la fin du XVème siècle. Vint ensuite la guerre de Livonie qui toucha le Lettonie orientale de 1558 à 1583. Puis, les polonais qui, en 1629, furent contraint de rendre Riga et la Lettonie orientale à le Suède qui amena dans ses bagages le protestantisme luthérien de 1700 à 1721, le pays connu la guerre du nord où les russes annexèrent toutes les possessions baltes appartenant à la couronne suédoise. Ensuite, au cours de la 1ère guerre mondiale, l’Allemagne ne pût atteindre la Lettonie orientale qu’à la fin de l’année 1917. Et, en mars 1918, les Allemands et les russes signèrent le traité Brest-Litovsk et abandonnèrent la région. Le peuple letton déclare alors son indépendance le 18 novembre 1918 et le chef du parti paysan, Karlis Ulmanis, constitue un gouvernement. Mais les combats entre nationalistes, troupes allemandes restantes, bolchévique et combattants germano-baltes (quel métissages !) continuèrent jusqu’en 1920. Notons qu’en janvier 1919, l’armée rouge s’empara de Riga et le gouvernement d’Ulmanis dû fuir et fût alors protégé par la flotte britannique. En mai 1919, les combattants germano-baltes chassèrent l’armée rouge de Riga et, par la suite, les troupes lettones libérèrent quasiment tout le reste du pays. En novembre 1919, Ulmanis revint à Riga et fût attaqué par les troupes biélorusses et allemandes. Mais les lettons prirent le dessus et courant décembre les derniers allemands et communistes quittèrent les contrées de Lettonie. Les années d’indépendances qui succédèrent à cette époque interminable de malheurs et de guerres firent entrevoir l’état de pauvreté du pays : 40% de la population avait été tuée ou avait émigrée ; à Riga, le commerce ne représentait plus que 10% de ce qu’il était 1913. La 1ère décision du gouvernement fût de redistribuer les terres appartenant aux nobles aux paysans. Vint ensuite la date du 23 août 1939 et du pacte de non agression Molotov-Ribbentrop ou la Lettonie est à nouveau sous le contrôle des soviets. En août 1940, le pays est entièrement occupé : le temps des nationalisations, des pillages et des déportations a sonné. On estime à 35 000 le nombre de lettons tués, exilés ou déportés. Et, dans la nuit du 14 juin 1941, 15 000 personnes, enfants, femmes et vieillards inclus furent déportés en Sibérie. Courant 1941, Hitler occupe les états baltes. On dénombre alors 90 000 juifs disparus et 140 000 lettons entrèrent volontairement ou non dans les troupes nazies. Entre 1944 et 1945, 65 000 à 120 000 lettons purent s’échapper et fuir la reconquête soviétique ; en 5 ans, 450 000 lettons périrent à la guerre. De fin 1944 à 1954, le pouvoir et sa politique de collectivisation a fortement contribué à la pollution morale bien sûr ainsi qu’à celle des terres. D’ailleurs, Riga a dû attendre 1991 pour avoir un système moderne d’assainissement des eaux usées. N’oublions pas de rappeler également les 175 000 lettons tués ou déportés entre 1945 et 1949.Les prémices de l’indépendance font leur apparition dans les années 80.
Le 14 juin 1987, 5000 mille personnes se rassemblèrent « illégalement » autour du monument de la liberté de Riga pour commémorer les rafles staliniennes de juin 1940. Il y eu également plusieurs manifestations concernant les revendications nationales et contre la pollution. En janvier 1991, suite à une tentative de retour au pouvoir de la part des lettons, les troupes soviétiques s’emparent des bâtiments stratégiques de Riga pour tenter de s’imposer à nouveau. La violence des soviets fût alors « condamnée » par l’occident (« c’est pas bien ce que vous faites ! »), mais n’empêcha pas ceux-ci d’agir comme bon leur semblait. Finalement, les lettons prirent le dessus et se proclamèrent indépendant le 21 août 1991. La population lettone qui était passée de 2,5 millions en 1914 à 1,6 millions en 1920 est aujourd’hui semblable à 1914.
Passons maintenant à notre séjour proprement dit. Nous sommes arrivés par cette fameuse route baltique où nous avons côtoyé beaucoup de poids lourds. Encore une fois, il nous a été difficile de quitter cette route-autoroute car les petites routes nous compliquaient trop la tâche. Nous avons tout de même bifurqué quelques fois à l’ouest
pour se rendre sur des plages de sable fin et pour tomber sur un village russe d’un autre temps, comme à l’écart du monde . Ensuite, il y eut la pause Riga chez nos supers hôtes Chris, Inga et Helena sa petite fille, où nous avons passé 5 nuits. A part les séances déambulage et visite de cette superbe ville nous avons appris plein de choses grâce à nos hôtes amis comme amis de toujours. Tout d’abord, nous avons découvert l’incroyable radio NABA en dégustant un capuccino maison. Il nous est d’ailleurs arrivé par la suite d’écouter cette station de radio lors de nos excursions cyclonomadistiques. Du côté des sorties, mise à part cette soirée architecte sympathique (Chris étant lui-même architecte), nous sommes allés voir le célèbre groupe de rock-alternatif TUMORS à Baldone dans une petite salle ; nous étions à peine 100 !
 En effet, ce soir là nous sommes montés à 10 dans le super combi Volkswagen de Chris. Il y avait Chris, sa chérie Inga et sa fillette Helena, Nico le baroudeur d’Alsace, Viktor un photographe catalan, un couple letton, la petite amie du batteur de Tumors et nous deux. Il y a eut 3 groupes en 1ère partie de Tumors qui était bien sûr les chouchous de la soirée. D’ailleurs ils ont mis le feu dès le début…
Au milieu du concert, le groupe a partagé la scène avec des dinosaures du rock lettons des années 80 (désolé on ne se souvient plus des noms, honte à nous !). A la fin du show le guitariste à littéralement explosé sa gratte. C’était la bagarre pour récupérer les morceaux de l’instrument déchu. Lors de la séance d’autographes des gens offraient des fleurs aux nouvelles stars…. C’était tout juste incroyable et inédit d’assister à la naissance de véritables idoles lettones alors inconnu 2 ou 3 mois auparavant !
Après la culture et les visites rien de telle qu’une petite bouffe et qu’un petit canon la glaude !
La cuisine russe est très présente. Il y a les pilménis qui sont de gros raviolis fourrés de viande ou autre, le bortsch une soupe à base de betteraves qu’Aurélie adore. A part cela, on trouve de nombreuses soupes, de saucissons et surtout des champignons. Côté boisson nous avons goûté, mais alors juste goûté, le kvas qui est une boisson locale à base de seigle fermenté et à laquelle on ajoute un peu d’orge. Nous avons testé également le fameux balsamier de Riga qui est une boisson alcoolisée épaisse, noire et amère. Nous avons préféré à ce breuvage l’absinthe importée d’on ne sait plus où.
Ca y’est, il est temps de passer aux histoires qui font rire et à celles qui font peur. La 1ère : alors que nous venions de monter la tente dans son intégralité, nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une belle crotte de chien bien moulée et bien odorante située pile poil sous le matelas d’Aurélie. On vous laisse imaginer quand il a fallu démonter et nettoyer la tente au petit matin.
La 2nde : alors que nous sortions de Riga à l’heure de pointe pour nous rendre vers le sud et que nous pédalions sur un des ponts qui enjambe la Daugava, un automobiliste agacé par le fait que ma super canne à pêche dernier cri venait d’effleurer son rétroviseur passager, me klaxonna…. Le temps de me retourner furtivement et me voici à plat ventre sur la chaussée, la tête à quelques centimètre de la roue arrière d’une voiture. Plus de peur que de mal, mais peur quand même !
Et si on vous présentait nos rencontres en tous genres :
-Salut à toi le douanier qui nous a appris les rudiments de la langue même si tu étais relativement sévère vis-à-vis de notre prononciation imparfaite.
-Encore merci babouchka (vieille dame en russe) pour ton entrain et ta bonne humeur. En effet, alors que nous étions en train de nettoyer la crotte de chien tu es revenu nous apporter gracieusement 2k kilos de pommes et un de raisins de ton jardin. De plus, Aurélie était ravie de pouvoir échanger quelques mots en russe avec toi, véritable petit soleil.
-Il est temps de décerner la palme d’or lettonne de l’accueil à Chris, Inga et Helena de Riga. Nous avons été accueillis chez eux comme de vieux amis de longue date. Nous nous sommes sentis à notre aise dès les 1ers instants et très vite, nous nous sommes sentis très proche d’eux. Nous espérons qu’un jour nous serons amenés à nous revoir.
-Salut Nico, le baroudeur made in Alsace ami de Chris pour ces moments passés en ta compagnie aux concert des Tumors et dans le centre ville de Riga. Nous avons eu un réel feeling avec toi. Nous te souhaitons plein de bonheur.
-Merci aux membres du groupe Tumors pour leur énergie et leur créativité. Nous avons passé un moment inoubliable à Baldone. Que votre succès soit le plus long possible !
-Bonjour à ce vieil homme de Vecumnienki qui nous parlait en letton, allemand et russe. A vrai dire il parlait énormément de choses profondes sur sa vie et son pays. Malheureusement, nous avons compris à peine ¼ de son récit…. Quel dommage ! Mais, il émanait de sa personne une gentillesse telle que l’on aurait pût l’écouter des heures durant. 

 

par aurelie et chris
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